how-to
Répartition des charges entre propriétaire et locataire
Table des Matières
- Répartition des charges de copropriété : qui paie quoi
- Charges locatives récupérables auprès du locataire
- Charges de copropriété non récupérables restant à charge du propriétaire
- Régularisation des charges locatives : procédure et délais
- Clé de répartition des charges en copropriété
- Situations particulières et recours en cas de désaccord
- Questions Fréquentes
Dernière mise à jour: 19 octobre 2026
Répartition des charges de copropriété : qui paie quoi
Chez Frédéric RIOT · agence.immo, nous accompagnons des investisseurs locatifs qui doivent maîtriser cette répartition des charges pour évaluer la rentabilité réelle d'un bien : la distinction entre charges récupérables et non récupérables la détermine directement.
Le cadre légal français est clair : certaines dépenses reviennent au locataire, d'autres au propriétaire bailleur. Les confondre coûte de l'argent ou expose à des litiges.
Définition des charges locatives et des charges de copropriété
Les charges locatives sont les dépenses liées à l'usage du logement, payées par le locataire via des provisions mensuelles : eau froide, ascenseur, ordures ménagères, entretien des parties communes.
Les charges de copropriété concernent l'immeuble entier et s'appliquent à tous les copropriétaires, réparties par le syndic selon la quote-part de chacun.
Pour un investisseur, une charge locative réduit le loyer net ; une charge de copropriété réduit la rentabilité globale, mais peut être partiellement récupérée.
Le rôle du décret n° 87-713
Le décret n° 87-713 du 26 octobre 1987 énumère les charges récupérables auprès du locataire et s'applique à tous les baux d'habitation.
Il protège le locataire : le propriétaire ne peut récupérer que ce que la loi autorise.
Complété par la jurisprudence, ce texte reste la référence pour éviter des régularisations erronées.
Charges locatives récupérables auprès du locataire
Les charges récupérables correspondent à des services ou consommations liés à l'usage du logement, financés par le locataire via des provisions mensuelles.
Liste complète des dépenses récupérables
Voici les charges que vous pouvez facturer légalement au locataire :
- Eau froide : consommation mesurée au compteur ou répartie au prorata
- Chauffage collectif : énergie pour chauffer l'immeuble entier
- Eau chaude : si produite collectivement
- Électricité des parties communes : ascenseur, couloirs, escaliers
Ce qui n'est PAS récupérable : les travaux importants, les réparations structurelles, la modernisation, les peintures extérieures, les toitures, les façades.

Exemple chiffré : calcul d'une charge récupérable
Prenons un immeuble de quatre appartements sans compteur individuel, avec 800 € de facture annuelle d'eau froide.
Le propriétaire peut réclamer 200 € annuels au locataire, soit environ 16,67 € par mois en provisions.
En fin d'année, la régularisation ajuste le solde selon la consommation réelle.
Avec des compteurs individuels, chaque locataire paie sa consommation réelle : pas de répartition ni de régularisation surprise.
Charges de copropriété non récupérables restant à charge du propriétaire
Certaines dépenses de copropriété ne peuvent jamais être facturées au locataire. Elles restent à votre charge, même si vous louez le bien.
Travaux et réparations importantes
Les travaux de rénovation, de modernisation ou de réparation structurelle sont non récupérables :
- Ravalement de façade
- Remplacement de la toiture
- Réfection des joints
- Modernisation des installations électriques ou de plomberie
- Réparation des fondations ou de la structure
Ces dépenses relèvent de l'entretien du patrimoine : le propriétaire en assume l'intégralité.
Un immeuble vieillissant génère donc des coûts non transférables qui réduisent la rentabilité.
Dépenses mixtes et calcul au prorata
Certaines dépenses ne sont que partiellement récupérables, comme l'assurance multirisque : propriétaire et locataire en paient chacun une part selon la quote-part.
La taxe foncière fonctionne de même : seule la part locative est récupérable.
Le prorata temporis s'applique aussi aux changements de locataire : un locataire qui quitte en juin ne paie que les charges jusqu'à juin.
Régularisation des charges locatives : procédure et délais
La régularisation annuelle compare les provisions versées aux dépenses récupérables réellement engagées : le résultat est un complément à payer ou un remboursement.
Calendrier pratique de la régularisation
Le rythme dépend de l'approbation des comptes en assemblée générale. Un enchaînement courant :
- Assemblée générale annuelle : approbation des comptes de l'exercice précédent et vote du budget prévisionnel. Le syndic dispose en général de six mois à compter de la clôture pour convoquer l'assemblée, mais le règlement de copropriété peut prévoir d'autres modalités.
- Transmission du décompte au propriétaire : le syndic adresse le décompte individuel des charges par nature (eau froide, chauffage, ascenseur, ordures ménagères, etc.) et les justificatifs correspondants.
- Régularisation par le bailleur : le propriétaire dispose d'un délai raisonnable pour établir le décompte locatif, en principe dans le mois qui suit la réception des pièces du syndic. Aucun texte n'impose un mois calendaire fixe, mais la jurisprudence sanctionne les régularisations tardives ou rétroactives au-delà de l'exercice concerné.
- Information du locataire : le décompte doit être accompagné des justificatifs ou d'une mention permettant leur consultation. Le locataire doit pouvoir vérifier chaque poste.
- Contestation : le locataire peut contester dans un délai raisonnable, souvent un mois après réception. Passé ce délai, la contestation reste possible mais devient plus difficile à porter.
Justificatifs exigibles et droits de consultation
Pour chaque poste récupérable, le bailleur doit produire :
- la facture ou le décompte du syndic ;
- le mode de répartition appliqué (tantièmes, surface, nombre de pièces, compteur individuel) ;
- le montant des provisions déjà versées par le locataire ;
- le calcul du solde.
Le locataire peut consulter ces pièces via un dossier annuel mis à disposition ou une copie transmise. Une charge non justifiée ne peut pas être récupérée : elle reste à la charge du bailleur.
Exemple chiffré complet de régularisation annuelle
Le décompte du syndic distingue les postes récupérables suivants :
- eau froide : 300 € ;
- chauffage collectif : 500 € ;
- électricité des parties communes : 150 € ;
- ascenseur : 200 € ;
- ordures ménagères : 150 € ;
Total récupérable : 1 500 €. Les 300 € restants correspondent à des travaux non récupérables (ravalement partiel) qui restent à la charge du propriétaire.
Le locataire n'a occupé le logement que dix mois. Le prorata temporis s'applique : 1 500 € × (10 ÷ 12) = 1 250 €.
Le locataire a versé 1 200 €. Le solde à payer est de 50 €.
Contestation et recours
En cas de désaccord, le locataire adresse une contestation écrite au bailleur, qui répond poste par poste. Si le désaccord persiste, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation, puis le tribunal compétent. Le bailleur ne peut pas retenir sur le dépôt de garantie des charges non justifiées.
Clé de répartition des charges en copropriété
La clé de répartition détermine comment les charges communes sont divisées entre copropriétaires. Elle ne s'applique pas directement au locataire mais influence vos coûts.
Quote-part et tantièmes : comment sont calculés
Chaque copropriétaire possède une quote-part de l'immeuble. Cette quote-part est exprimée en millièmes ou en tantièmes.
Cette quote-part détermine votre contribution aux charges générales : ascenseur, gardien, assurance, entretien des parties communes.
Plus votre bien est grand, plus votre quote-part est importante, plus vous payez de charges.
Répartition par nature de charge et prorata temporis
Certaines charges ne suivent pas la quote-part générale.
L'électricité de l'ascenseur peut être répartie au nombre d'étages desservis.
Le syndic définit ces clés de répartition dans le règlement de copropriété. Elles doivent être justes et transparentes.
Le prorata temporis s'applique quand une charge commence ou s'arrête en cours d'année.
Situations particulières et recours en cas de désaccord
La répartition standard suppose une année pleine, un bail nu et un locataire unique. Voici les cas fréquents de départ en cours d'année, logement meublé, vacance locative, changement de locataire, puis les recours en cas de désaccord.
Départ en cours d'année et prorata temporis
Lorsqu'un locataire quitte en cours d'année, la régularisation ne porte que sur la période d'occupation effective, au prorata temporis : jours ou mois occupés divisés par la durée de l'exercice, appliqués aux dépenses récupérables.
Un point pratique : le bailleur doit distinguer les charges liées à la consommation du locataire (eau, chauffage) de celles liées à la période (entretien, ascenseur).
Logement meublé et bail mobilité
Le régime des charges récupérables s'applique aussi aux logements meublés, mais le bail meublé comporte souvent des charges forfaitaires.
Le bail mobilité, régi par la loi ELAN, suit une logique proche : les charges récupérables restent dues, mais la courte durée du bail impose un calcul au prorata et une information rapide du locataire.
Vacance locative et changement de locataire
Pendant une vacance locative, le propriétaire supporte l'intégralité des charges de copropriété, y compris celles qui auraient été récupérables si le logement avait été occupé.
Lors d'un changement de locataire, le bailleur doit établir deux décomptes distincts : un pour le locataire sortant, un pour le locataire entrant.
Contester une charge auprès du syndic
Côté copropriété, le copropriétaire qui estime une charge anormale peut demander au syndic les pièces justificatives : factures, contrats, décomptes de répartition. Le syndic doit répondre.
Le règlement de copropriété fixe les clés de répartition. Une clé contestée peut être révisée par décision d'assemblée générale, dans les conditions prévues par la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 et son décret d'application.
Litige locatif : droits du locataire et du propriétaire
Côté locatif, le locataire qui conteste une régularisation adresse une demande écrite de justificatifs au bailleur. Le bailleur doit répondre par écrit, poste par poste. En cas de désaccord persistant, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation, puis le tribunal compétent. Le bailleur qui n'a pas conservé les justificatifs ne peut pas réclamer la charge correspondante.
Questions Fréquentes
Quelles charges de copropriété le propriétaire peut-il récupérer auprès du locataire ?
Le propriétaire peut récupérer les charges récupérables énumérées au décret n° 87-713 : eau froide et chauffage, ordures ménagères, ascenseur, gardien ou concierge, éclairage et entretien des parties communes, ainsi que les consommations individuelles mesurées. Les charges non récupérables, comme les travaux importants ou les frais de syndic, restent à sa charge. La liste exacte dépend du type de logement et du bail signé.
Comment se déroule la régularisation annuelle des charges locatives ?
La régularisation annuelle compare les provisions versées par le locataire aux dépenses réelles de l'année. Le syndic ou le propriétaire établit un décompte détaillé par nature de charge, justifié par des factures. Le locataire reçoit ce décompte et peut consulter les justificatifs. S'il y a un surplus, le propriétaire rembourse ; s'il y a un manque, le locataire paie la différence. Cette procédure doit respecter les délais légaux et la conservation des pièces.
Qu'est-ce qu'une clé de répartition des charges en copropriété ?
La clé de répartition est le système de calcul qui détermine la part de charges que chaque copropriétaire doit payer. Elle repose sur les tantièmes (quote-part de l'immeuble exprimée en millièmes) et peut varier selon la nature de la charge : tantièmes généraux pour les charges courantes, ou clés spéciales pour l'ascenseur ou le chauffage collectif. Certaines charges peuvent être réparties au prorata temporis si le copropriétaire n'occupe le bien que partiellement l'année.
Le locataire peut-il consulter les justificatifs des charges ?
Oui, le locataire a le droit de consulter les justificatifs des charges récupérables. Le propriétaire ou le syndic doit conserver les factures et documents justificatifs pendant au moins trois ans et les mettre à disposition sur demande. Cette transparence permet au locataire de vérifier la régularisation annuelle et de contester les charges s'il considère qu'elles sont anormales ou mal réparties.